Malgré un contexte économique et réglementaire tendu, Ecomaison affiche en 2025 des volumes de collecte et un taux de valorisation en progression. L’éco-organisme met également en avant le renforcement de son accompagnement auprès de ses adhérents, de son soutien au réemploi et de ses actions en faveur de l’incorporation de matières recyclées.
Dans un contexte économique et politique marqué par l’inflation, le moratoire sur la filière bâtiment, le lancement de la filière des emballages professionnels et les évolutions de gouvernance des filières à responsabilité élargie du producteur (REP), Ecomaison fait état d’un exercice 2025 marqué par une progression de ses performances opérationnelles. L’éco-organisme indique avoir pris en charge près de 2 millions de tonnes d’objets et de matériaux (1,97 million de tonnes précisément), avec un taux de valorisation de 98 %, réparti entre 5 % de réemploi, 46 % de « recyclage matières » et 47 % de valorisation énergétique.
« Derrière les près de 2 millions de tonnes collectées en 2025, il y a un objectif simple : transformer les déchets en ressources, déclare Dominique Mignon, présidente d’Ecomaison. Ecomaison investit depuis plusieurs années dans le développement de filières de recyclage françaises capables de fournir à ses adhérents des matières recyclées de qualité. Cette capacité à faire le lien entre collecte, recyclage et réincorporation dans de nouveaux produits, constitue la singularité d’Ecomaison ».
Au-delà de ce bilan opérationnel, l’année 2025 est également marquée par une évolution de la relation avec les entreprises adhérentes de l’éco-organisme. Ecomaison compte désormais 14 244 entreprises adhérentes, représentant 18 225 contrats, un total en progression de 16 %. Sur l’année, ces entreprises ont mis sur le marché français 5,02 millions de tonnes de produits, générant 464,5 millions d’euros d’éco-participation destinés au financement des coûts opérationnels, des soutiens aux partenaires de la collecte, ainsi que des budgets consacrés à l’innovation et à la sensibilisation.

L’éco-organisme souligne également avoir intensifié ses actions contre les « free riders » (“passagers clandestins”), ces entreprises qui ne s’acquittent pas de l’éco-participation. Cette surveillance a conduit à la régularisation d’entreprises non conformes et généré un rattrapage de 10 millions d’euros ; une démarche présentée par la direction de l’éco-organisme comme un moyen de garantir une concurrence loyale entre les industriels et distributeurs qui financent la fin de vie des produits qu’ils mettent sur le marché.
Dans le même temps, Ecomaison a fait évoluer sa gouvernance, afin de mieux représenter les metteurs sur le marché relevant de ses quatre agréments (Ameublement, Bâtiment, Bricolage & Jardin, Jeux & Jouets). Cette évolution passe notamment par un conseil d’administration ramené de 20 à 15 administrateurs et par des comités sectoriels décisionnaires renforcés.
Le réemploi demeure par ailleurs l’un des axes majeurs de l’activité de l’éco-organisme. En 2025, Ecomaison a ainsi contribué au financement de 155 projets et soutenu l’activité de 740 structures de l’économie sociale et solidaire, sur l’ensemble du territoire, afin de développer les capacités de réemploi, favoriser l’insertion et prolonger la durée de vie des objets et des matériaux. L’année a également été marquée par le développement des dispositifs de réfaction, destinés à favoriser la réutilisation des produits collectés et à renforcer les liens entre distributeurs, fabricants et acteurs du réemploi.
Ecomaison poursuit enfin le développement de solutions destinées à favoriser l’utilisation de matières recyclées par les fabricants. L’éco-organisme met notamment en avant le lancement d’une plateforme de présentation des matières recyclées, la validation de nouveaux procédés industriels pour les panneaux de bois MDF et l’ouverture d’un huitième centre de recyclage de matelas à La Cavalerie, dans l’Aveyron, avec l’objectif de proposer davantage de solutions d’incorporation de matières recyclées à ses adhérents.

Quelques jours après la présentation de ses résultats 2025, Ecomaison a par ailleurs annoncé la réélection, pour un mandat de trois ans, d’Alexandre Falck, président-directeur général de BUT et Conforama, à la présidence de son conseil d’administration.
Reconduit à l’issue de l’assemblée générale du 25 juin, il entend poursuivre les chantiers engagés afin d’assurer « la stabilité et la lisibilité de l’action d’Ecomaison dans une période charnière pour les filières REP », nous dit-on.
Dans un contexte marqué par le ralentissement du marché immobilier et les incertitudes pesant sur certains secteurs, les prochaines années seront notamment consacrées à la consolidation du modèle économique des filières, à l’accompagnement des évolutions réglementaires, à la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance évoquée plus haut et à la poursuite des actions en faveur d’une contribution équitable de l’ensemble des metteurs sur le marché au financement des filières REP, « notamment avec le développement massif des flux de petits colis par les grandes plateformes internationales ».