Le marché français du meuble domestique a enregistré en mai sa plus forte baisse depuis le début de l’année, entraînant une nette dégradation du cumul annuel. Si quelques segments et circuits limitent le recul, les perspectives pour juin restent très incertaines, malgré un effet de comparaison a priori plus favorable.
Le marché français du mobilier domestique a enregistré en mai sa plus forte baisse depuis le début de l’année. Selon la note mensuelle de conjoncture de l’IPEA – Institut de la Maison, l’activité en valeur a reculé de 6,9 % par rapport à mai 2025, une contre-performance qui pèse lourdement sur les résultats cumulés des cinq premiers mois de l’exercice.
Ce nouveau décrochage fait en effet reculer d’un point le cumul annuel, désormais mesuré à -3 %. L’ensemble des familles de produits évolue en territoire négatif sur le mois. Seuls le mobilier de jardin et la literie limitent les dégâts, avec des replis légèrement moins marqués que celui de l’ensemble du marché.
Sur les cinq premiers mois de l’année, la cuisine continue d’apparaître comme le segment le plus résilient. Après avoir mieux résisté que le reste du marché, son activité repasse toutefois légèrement sous l’équilibre. Le segment ne progresse donc plus, même s’il conserve une meilleure tenue que les autres catégories de produits.
Les écarts s’avèrent tout aussi marqués selon les circuits de distribution. En mai, seuls les discounters parviennent à tirer leur épingle du jeu en affichant une légère progression, portée – en toute logique – par une offre à petits prix. Les pure players réussissent quant à eux à préserver leur niveau d’activité, tandis que l’ensemble des autres circuits enregistre des reculs plus prononcés.
L’analyse sur les cinq premiers mois confirme cette hiérarchie. Les pure-players sont les seuls à afficher une activité en croissance, l’IPEA estimant qu’ils bénéficient notamment de la hausse des prix des carburants. Les spécialistes de la cuisine résistent également en maintenant leur niveau d’activité, alors que tous les autres circuits restent orientés à la baisse.
Après ce mois de mai particulièrement difficile, l’évolution de juin sera suivie avec attention. La comparaison avec juin 2025, marqué par un recul de plus de 10 % en valeur, laisse espérer un résultat moins dégradé, voire légèrement positif, ce qui pourrait permettre au cumul annuel de se redresser modestement. Cette perspective reste toutefois entourée de nombreuses incertitudes. Si certains indicateurs laissent penser que les ménages pourraient consacrer un budget plus important aux soldes d’été (une demi-douzaine de jours sur juin), rien ne permet d’affirmer que ces dépenses profiteront effectivement à l’équipement de la maison. À cela s’ajoute le caractère particulièrement incertain des prévisions, les soldes ayant été prolongés jusqu’au 28 juillet en raison d’une fréquentation pénalisée par la canicule, qui a notamment découragé les visiteurs des magasins non climatisés et des zones commerciales les plus exposées à la chaleur.