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Le marché du meuble aborde le second semestre sans véritable signal de reprise

Le marché du meuble aborde le second semestre sans véritable signal de reprise

Le marché français du meuble domestique recule de 0,8 % en juin 2026 et clôt le premier semestre sur une baisse de 2,6 %. Si la cuisine et, dans une moindre mesure, la literie, résistent mieux, les perspectives restent prudentes pour la seconde moitié de l’année, dans un contexte de consommation toujours hésitante.

Le marché français du meuble domestique reste dans le rouge au terme du premier semestre 2026. En juin, les ventes reculent de 0,8 % par rapport à juin 2025, soit toutefois une performance meilleure que celle enregistrée en mai dernier.

Le début des soldes a pu contribuer à ramener certains consommateurs dans les magasins et sur les sites des enseignes, tandis que le ralentissement du conflit au Moyen-Orient et le recul des prix de l’essence ont pu peser favorablement sur le moral des ménages et/ou leur budget. Sur l’ensemble du premier semestre, l’activité affiche ainsi un recul de 2,6 % en valeur. Un résultat qui marque une amélioration par rapport à la fin du premier semestre 2025, alors que le marché reculait de 4 %, mais qui reste inférieur à celui enregistré à la fin de l’exercice 2025, à -1,8 %. La reprise amorcée au second semestre de l’exercice précédent, avec une progression de 0,5 %, n’est donc plus d’actualité. « En 2025, souligne ici l’IPEA, le marché avait connu cinq mois de résultats positifs au second semestre, entre les mois de juillet et novembre ; difficile d’imaginer une situation similaire pour l’exercice en cours, alors qu’aucun élément ne penche pour le moment dans ce sens ».

L’écart entre les différents segments demeure par ailleurs marqué. En juin, la cuisine se distingue ainsi une nouvelle fois, avec une « belle croissance », tandis que la literie « parvient presque à maintenir ses ventes ». Hors cuisine et literie, le marché affiche un recul de 4,1 % en cumul à fin juin. Cette hiérarchie se retrouve du côté des circuits de distribution, avec les spécialistes cuisine en tête, au coude-à-coude avec les spécialistes literie, qui enregistrent eux aussi de fortes croissances. Les pure-players figurent également parmi les circuits les mieux orientés, avec une légère progression, tandis que tous les autres circuits reculent.

Pour l’IPEA – Institut de la Maison, cette situation intervient dans un contexte économique qui connaît une faible amélioration, mais qui reste globalement peu favorable à la consommation. Le moral des ménages s’est redressé au cours des dernières semaines et les mises en chantier de logements neufs ont progressé, mais la majorité des indicateurs demeure mal orientée. Les ménages restent notamment très prudents concernant leur budget et leurs dépenses, et la reprise de la consommation n’apparaît pas encore à l’ordre du jour.

Pour le second semestre, peu d’éléments permettent à ce stade d’anticiper une véritable reprise du marché du meuble, et la tendance observée au premier semestre pourrait se poursuivre. Du côté du logement neuf, la hausse récente des mises en chantier ne suffit pas à modifier ce constat, les volumes restant extrêmement faibles et toujours sous le seuil de 300 000 unités en rythme annuel. Dans l’immobilier ancien, l’amélioration par rapport à l’exercice précédent ne s’accompagne pas d’une progression des transactions en rythme annuel au début de l’exercice, et les volumes vendus ne devraient pas augmenter fortement dans les prochains mois. L’immobilier (neuf et ancien), ne devrait donc pas, hélas, constituer un levier de croissance plus important qu’actuellement pour le marché du meuble dans les prochaines semaines.

Le moral des ménages constitue un autre point de vigilance. Son redressement progressif en fin de deuxième trimestre, relevé par l’IPEA à partir des données de l’Insee, pourrait notamment avoir bénéficié de la trêve intervenue au cours du trimestre dans le conflit au Moyen-Orient. Le durcissement de ce conflit et la nouvelle hausse des prix à la pompe observée en juillet font toutefois craindre un nouveau recul de ces indicateurs, avec un effet négatif possible sur les envies de consommation et sur la propension des ménages à s’engager dans des achats impliquants.

Enfin, les intentions d’achat dans l’ameublement et l’équipement de la maison ne présentent pas, pour le troisième trimestre, d’amélioration par rapport aux trimestres précédents. L’équipement de la maison ne semble pas figurer parmi les priorités de nos concitoyens et pourrait de nouveau servir de variable d’ajustement si les ménages anticipent une forte remontée de l’inflation dans le sillage de la hausse des prix des carburants. Dans ces conditions, le marché du meuble aborde la seconde moitié de 2026 sans signal suffisamment favorable pour remettre en cause, à ce stade, la tendance négative enregistrée depuis le début de l’année.

(Source : Note de conjoncture, Institut de la Maison – IPEA, Juin 2026.)

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