Après l’accalmie de juin, le marché français du meuble domestique a rechuté de 6,1 % en juillet 2026 par rapport à juillet 2025, portant le recul à 3,2 % sur les sept premiers mois de l’année. Tous les segments et circuits sont en baisse, la cuisine et les spécialistes cuisine résistant toutefois mieux que les autres.
Le marché français du meuble domestique a de nouveau décroché en juillet. Après l’accalmie enregistrée en juin, l’activité a reculé de 6,1 % en juillet dernier par rapport à juillet 2025. Sur le bimestre juin/juillet, le marché affiche ainsi un repli proche de 4 %. La nouvelle période de soldes d’été, prolongée d’une semaine pour les distributeurs (décision gouvernementale prise en raison de la canicule de fin juin et de la baisse de fréquentation des commerces), n’aura donc pas permis d’enrayer la baisse.
Vacances d’été, canicule et reprise de la hausse des prix des carburants ont pesé sur l’activité au cours du mois, sans que l’effet de la semaine de soldes supplémentaire puisse compenser cette nouvelle contre-performance. Le recul, comme déjà dit, intervient alors que le marché avait connu une accalmie en juin, confirmant la fragilité persistante de la consommation de mobilier.
À fin juillet, en cumul sur sept mois, le marché accuse désormais un repli de 3,2 %. L’IPEA souligne ici que ce résultat est proche de celui enregistré à la même période lors de l’exercice précédent… mais dans une dynamique très différente ! En juillet 2025, le marché était en effet globalement positif et amorçait une légère reprise au second semestre ; un an plus tard, juillet se solde au contraire par une nouvelle baisse importante. Hors cuisine et literie, le recul atteint même 4,6 % sur les sept premiers mois.
Cette contre-performance de juillet concerne l’ensemble des segments du marché du meuble. La cuisine continue toutefois de mieux résister que les autres catégories, tandis que la salle de bains, le jardin et le meublant enregistrent les performances les moins favorables. La hiérarchie observée au cours du mois confirme ainsi la meilleure tenue du segment cuisine dans un marché pourtant orienté partout à la baisse.
Les circuits de distribution ne font pas exception. Tous enregistrent un recul en juillet et aucun ne parvient à se distinguer véritablement. Les spécialistes cuisine limitent le mieux la baisse, bénéficiant de la meilleure résistance de leur segment, devant les spécialistes literie. Après le regain d’activité observé en juin, les enseignes du milieu/haut de gamme connaissent pour leur part une nouvelle contre-performance et ferment la marche au mois de juillet.

Hélas, la dégradation du contexte général de consommation dans l’Hexagone apporte peu d’éléments permettant d’espérer une amélioration rapide. Les derniers résultats du baromètre d’opinion des ménages de l’Ifop, cités par l’IPEA – Institut de la Maison, montrent en effet un moral des Français toujours très bas pour cette rentrée. Menée les 25 et 26 août derniers auprès de 1 000 personnes, l’enquête fait ressortir une part de seulement 18 % de Français se déclarant optimistes lorsqu’ils pensent à leur avenir, soit 13 points de moins qu’en août 2025. À l’inverse, 27 % se déclarent très pessimistes, soit sept points de plus en un an.
L’inflation demeure par ailleurs une préoccupation majeure de nos concitoyens : 78 % des personnes interrogées la considèrent comme un thème prioritaire pour les mois à venir, soit dix points de plus qu’en 2025. La santé arrive en tête à 86 %, devant l’éducation à 75 % et la hausse des salaires et du pouvoir d’achat à 70 %. La remontée des prix des carburants alimente également les inquiétudes, avec la crainte d’une poursuite de la hausse et de sa diffusion à l’ensemble des biens de consommation.
Une autre enquête Ifop, menée début juillet celle-ci, illustre l’incidence de cette hausse des prix à la pompe sur les comportements : 58 % des Français interrogés déclarent avoir réduit leurs déplacements et 71 % se disent dépendants de leur voiture. Parmi eux, 67 % estiment que « cela devient trop cher d’aller travailler », 47 % ont déjà renoncé à rendre visite à un proche et 54 % à une sortie de loisirs. Ces évolutions constituent, pour l’IPEA, un facteur susceptible de continuer à peser sur la consommation de biens non essentiels et, notamment, sur les déplacements liés aux achats de mobilier ou d’équipement de la maison.
À ce stade, la note de conjoncture de l’Institut de la Maison ne relève donc aucun élément permettant d’envisager une reprise du marché du meuble en valeur à court terme. Après un mois de juillet particulièrement mal orienté, la baisse cumulée depuis le début de l’année s’accentue encore, dans un environnement où les préoccupations liées aux prix et au pouvoir d’achat continuent de peser sur les arbitrages des ménages.
(Source : Note de conjoncture, Institut de la Maison – IPEA, Juillet 2026.)
