Selon la fédération Procos, l’activité du commerce spécialisé recule de 4,7 % en mars 2026, pénalisée par un effet calendaire, avec de fortes disparités sectorielles et malgré la bonne performance de l’alimentaire spécialisé. Sur le trimestre, la tendance reste négative (-2,8 %) dans un contexte de consommation sélective, tandis que la fréquentation des magasins apparaît globalement stable, mais contrastée selon les emplacements et les régions.
Dans sa note de conjoncture du 16 avril, la fédération Procos (“Agir pour un commerce qui donne envie”) fait état d’un repli de l’activité du commerce spécialisé sur le mois de mars dernier, avec, à la clé, une baisse de 4,7 % du chiffre d’affaires en magasin par rapport à mars 2025. « Ces performances, précise la fédération, doivent être analysées en tenant compte d’un effet calendaire défavorable : le mois compte un samedi de moins qu’en mars 2025, tandis que les fêtes de Pâques interviennent plus tôt cette année (5 avril 2026 contre 20 avril 2025), ce qui a pu générer l’anticipation de certaines dépenses de consommation ».
Dans ce contexte et comme à l’accoutumée, les évolutions apparaissent contrastées selon les secteurs. L’alimentaire spécialisé enregistre la progression la plus marquée, à +18,3 %, « notamment par un effet de calendrier favorable ». La beauté/parfumerie affiche pour sa part une hausse de 1,4 %, traduisant une certaine stabilité des ventes. À l’inverse, les univers de l’habillement et de l’équipement de la maison restent orientés à la baisse, à respectivement -4,4 % et -6 %. La restauration demeure en retrait, à -6,2 % sur place, un recul « en partie » lié au samedi en moins versus mars 2025, « cette journée concentrant traditionnellement la plus forte affluence du secteur », précise Procos. Le segment culture/cadeaux/jouets limite la baisse à -1 %, avec un dynamisme toujours marqué du jouet.
Plus globalement, analyse la fédération, « ces performances traduisent une consommation toujours sélective, concentrée sur les dépenses essentielles », les ventes web jouant « un rôle d’amortisseur dans ce contexte de ralentissement de la consommation » dans plusieurs secteurs.
En cumul, sur l’ensemble du premier trimestre 2026, la tendance reste négative, avec des ventes en magasin en recul de 2,8 %, ce qui « confirme la fragilité de la reprise ». Deux secteurs seulement affichent une progression sur la période : l’alimentaire spécialisé (+2,2 %) et culture/cadeaux/jouets (+2,9 %) ; tandis que la beauté/parfumerie, l’habillement, l’équipement de la maison et la restauration reculent, dans une fourchette comprise entre -2 % et -4 %. « Les arbitrages de consommation et l’attentisme des ménages continuent de peser sur les dépenses non essentielles », résume la note de conjoncture.
Côté trafic, la fréquentation des magasins apparaît globalement stable en mars, à -0,5 % sur un an, avec des écarts marqués selon les emplacements. Les sites de centre-ville progressent légèrement (+0,6 %), les grands centres-villes enregistrant une hausse plus nette, de 3,4 %, tandis que les emplacements de périphérie et les galeries commerciales sont orientés à la baisse. Les dynamiques régionales sont également contrastées, avec des progressions en Nouvelle-Aquitaine, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais des replis prononcés dans les Hauts-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val de Loire. L’Île-de-France reste proche de l’équilibre, à -0,3 %. « Ces résultats confirment que l’attractivité commerciale repose plus que jamais sur la qualité de l’emplacement et la capacité des territoires à générer du trafic », souligne ici la fédération.
Dans un contexte, conclut Procos, où les enseignes poursuivent leurs efforts d’adaptation, d’innovation et de maîtrise des coûts, pour préserver leur compétitivité, « les résultats de mars illustrent un marché à deux vitesses. Si certains secteurs bénéficient d’effets ponctuels, la consommation demeure sous tension ».
(Sources : Procos, Retail Int., Food Service Vision, Stackr, IPEA.)
