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Un mois de mars difficile pour le marché du meuble

Un mois de mars difficile pour le marché du meuble

Le marché du mobilier domestique recule nettement en mars (-6,3 %), pénalisé par un effet calendaire défavorable et un contexte de consommation dégradé, portant le repli du premier trimestre à -2,1 %. Dans un environnement économique et géopolitique incertain, marqué par des arbitrages budgétaires défavorables, les perspectives restent pour l’heure orientées à la baisse, avec un secteur attendu autour de -5 % en 2026 selon l’IPEA.

Le marché français du mobilier domestique enregistre un nouveau recul marqué en mars, confirmant une dynamique d’activité toujours dégradée en ce début d’année. Selon la dernière note de conjoncture de l’IPEA – Institut de la Maison, les ventes régressent ainsi de 6,3 % sur le mois par rapport à mars 2025, pesant fortement sur la performance trimestrielle.

Ce repli s’explique en partie par un effet calendaire défavorable, avec un samedi en moins en mars 2026 par rapport à l’an dernier. Les enseignes ont par ailleurs évolué dans un environnement contraint, marqué par la hausse des prix des carburants et des débuts de pénurie dans certaines stations-service, qui ont pu freiner les déplacements des ménages en points de vente. Dans ce contexte, remarque au passage l’IPEA, la densité du maillage territorial apparaît comme un facteur différenciant et hautement stratégique pour les réseaux physiques.

Tous les circuits accusent une baisse d’activité sur la période, mais les acteurs en ligne limitent davantage le recul, tandis que les enseignes positionnées sur le milieu et le haut de gamme ferment la marche. Côté produits enfin, aucun segment ne parvient à tirer son épingle du jeu, l’ensemble des catégories enregistrant des replis significatifs.

À l’issue du premier trimestre, le marché affiche un retrait cumulé de 2,1 %. Si la tendance reste négative, elle apparaît toutefois moins dégradée que lors des deux exercices précédents et s’inscrit dans la continuité de l’année passée. L’évolution des prochains mois demeure difficile à anticiper, dans un contexte de résultats mensuels plus erratiques que jamais et tandis que le mois d’avril ne présente pas de point d’appui solide au regard des reculs observés ces deux dernières années.

Au-delà des facteurs conjoncturels propres au mois de mars, l’environnement global continue de peser sur la consommation. L’instabilité politique et géopolitique, conjuguée aux tensions sur les prix de l’énergie, alimente un climat d’incertitude peu favorable aux dépenses d’équipement. Le moral des ménages reste dégradé, sous l’effet notamment de la remontée du chômage et de la crainte d’un nouvel épisode inflationniste, dans un contexte marqué également par la perspective de l’élection présidentielle.

Dans ces conditions hélas, les perspectives pour 2026 apparaissent pour l’heure peu favorables.

Si certains signaux positifs émergent du côté de l’immobilier neuf, ils restent insuffisants pour soutenir significativement l’activité, les niveaux de mises en chantier demeurant trop faibles. Le marché de l’ancien, de son côté, pourrait se stabiliser, sans pour autant constituer un levier de croissance, avec en outre un risque de léger recul en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

Sauf retournement – peu probable – de la situation, les arbitrages des ménages devraient continuer à s’opérer au détriment de l’équipement du logement, dans un contexte de contraintes budgétaires accrues. L’hypothèse d’une reprise de la consommation apparaît d’autant plus fragile que les perspectives macroéconomiques restent incertaines. En cas de tensions accrues au Moyen-Orient, l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) anticipe une inflation moyenne de 3,2 % en 2026, avec un impact négatif sur le pouvoir d’achat, attendu en recul, avant une stabilisation en 2027. Dans ce cadre, une baisse significative du taux d’épargne semble peu probable.

Dans ce contexte, les anticipations formulées par l’Institut de la Maison fin 2025 sont révisées. L’hypothèse d’une stabilisation du marché en 2026 est désormais remise en cause, l’IPEA envisageant à ce stade une évolution annuelle orientée à la baisse, de l’ordre de -5 %.

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