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Design et décoration tiennent le cap malgré la conjoncture

Design et décoration tiennent le cap malgré la conjoncture

Selon la 11e édition du “Baromètre Maison&Objet”, le secteur de la décoration, du design et de l’art de vivre, fait preuve de résilience : près de 70 % des professionnels déclarent une activité stable ou en hausse sur les six derniers mois. Dans un contexte toujours dégradé, les ventes sont soutenues par les produits accessibles (décoration, cadeaux, bien-être), avec des niveaux de stocks globalement maîtrisés et des intentions de commandes élevées à horizon début 2026.

Ralentissement économique mondial, conflits multiples, inflation galopante en France sur fond de crise politique hautement anxiogène, instauration de nouveaux droits de douane à l’international… Au sortir de ce contexte 2025 qu’on ne présente plus, comment se porte l’univers de la décoration, du design et de l’art de vivre ? C’est la question à laquelle la 11e édition du “Baromètre Maison&Objet” semestriel tente de répondre. Plus de 1 400 professionnels de la “communauté” du célèbre salon se sont prêtés au jeu du bilan des six derniers mois de l’an tout juste passé et des perspectives sur les six mois à venir. Synthèse.

« 2025 a débuté avec une activité économique malmenée, rappelle le communiqué relatif à cette 11e édition : tout d’abord en France avec l’effet de l’accélération de l’inflation en fin d’année dernière, puis la baisse du pouvoir d’achat et enfin le recul des constructions neuves. À l’international, l’introduction de droits de douane a rebattu les cartes concernant les exportations vers les États-Unis. Seuls le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est affichent un réel potentiel, portés par le développement immobilier et touristique ». Interrogée à deux reprises par Maison&Objet pour son premier baromètre de l’année, le maître-mot de l’industrie de la décoration, du design et de l’art de vivre était : l’anticipation. Anticiper pour résister autant que possible face à l’instabilité et, surtout, face à l’incertitude. Qu’en est-il quelques mois plus tard ?

Sept répondants interrogés sur dix en octobre 2025 se réjouissent d’un volume d’affaires maintenu ou en hausse entre avril et septembre 2025. Sur un an, la part de ceux ayant maintenu leurs ventes est même en progression de quatre points pour arriver cette année à 40 % des répondants, tous profils confondus. En y regardant de plus près, ce sont les distributeurs qui affichent une tendance à l’équilibre (+9 points). Mais les prescripteurs restent les plus nombreux à déclarer un niveau d’activité stable sur les six derniers mois (45 %, en hausse de 3 points par rapport à la même période l’an passé).

(Image : © M&O Safi.)

Les boutiques indépendantes, grandes enseignes de distribution ou encore chaînes de magasins ont, en moyenne, référencé cinq nouvelles marques d’avril à septembre 2025. « Les distributeurs s’appuient sur les ventes en volume plus dynamiques de produits tels que les fragrances et produits de bien-être, les cadeaux et les objets de décoration, soulignent les auteurs du baromètre. Et pour cause : dans un contexte économique tendu, ces objets permettent de redonner un peu de pep’s à son intérieur à moindre coût ».

56 % des distributeurs interrogés jugent le niveau de leur stock de produits & marchandises, normal. 22 % seulement des grandes enseignes françaises faisant partie de la communauté de Maison&Objet déplorent un niveau de stock élevé fin octobre. Une proportion quasi équivalente aux grands distributeurs internationaux (25 %). À contrario, les indépendants français sont plus nombreux (35 %) à rencontrer des difficultés à écouler leurs stocks. Pour autant, neuf revendeurs sur dix prévoient de passer des commandes d’ici à mars 2026. Dont 55 % pensent effectuer des commandes tout aussi voire plus importantes que l’an dernier. Preuve que la confiance en l’avenir demeure : ils sont 78 % à avoir des perspectives neutres ou positives quant à leurs chiffres d’affaires pour les six prochains mois.

Du côté des marques, les stocks de marchandises ont un niveau jugé normal pour une grande majorité : 62 %, en progression de 7 points comparé à octobre 2024. « Ce qui témoigne de leur grande agilité en matière de gestion », relève le baromètre. Les marques comptent bien rester dynamiques dans les six prochains mois, puisqu’elles sont 87 % à prévoir un lancement de nouveautés sur la période. Bien qu’elles attendent des signaux de réassurance du marché, 78 % d’entre elles confient avoir des perspectives positives ou neutres en termes de chiffre d’affaires d’octobre à mars 2026.

Côté prescripteurs, l’activité des architectes, promoteurs immobiliers ou paysagistes semble se maintenir ; avec, en moyenne, cinq nouveaux projets ou chantiers signés entre avril et septembre. 40 % des prescripteurs disent avoir eu autant de contrats résidentiels d’avril à septembre qu’à la même période en 2024. Le nombre de prescripteurs français concernés est en hausse de 5 points par rapport à l’an dernier, signe que le résidentiel porte les espoirs de reprise en France (+4 points pour les répondants internationaux). 31 % des prescripteurs se réjouissent également d’un nombre de projets ou de chantiers résidentiels signés plus élevé ces six derniers mois.

Concernant les projets d’aménagements retail, l’activité n’a pas connu de grands bouleversements. 51 % des professionnels interrogés déclarent avoir eu, ces six derniers mois, autant de projets (32 %) ou plus (19 %) que l’an dernier à la même période. Mais des signaux positifs se font ressentir.

52 % des prescripteurs déclarent avoir eu autant de projets ou plus, sur le marché des bureaux et des espaces de travail, que l’an dernier. Après une activité en contraction en 2024 (due à la diminution des demandes de permis de construire de bureaux et au pipeline de constructions neuves), l’activité des prescripteurs a montré de faibles signes de stabilisation, voire de reprise, cette année en France ; essentiellement tirée par la dynamique des bureaux de plus de 1 000 m2… Une tendance qui se confirme également à l’international. Les difficultés du secteur demeurent au niveau des petites surfaces de bureaux, principalement occupées par les TPE & PME, davantage impactées par la conjoncture économique.

Sur le segment de la restauration, 43 % des prescripteurs ont enregistré une activité identique ou supérieure d’avril à septembre 2025, par rapport à l’an dernier. Les difficultés que rencontrent les restaurateurs français, surtout indépendants, notamment en termes de fréquentation, peuvent largement expliquer le ralentissement de l’activité des professionnels de l’aménagement. Néanmoins, le parc d’établissements de restauration continue de croître, mais tiré par la restauration rapide… peu encline à investir dans la décoration. Au niveau des hôtels, 54 % des professionnels interrogés par Maison&Objet assurent avoir eu, ces six derniers mois, autant (+7 points) voire plus de projets que l’an dernier. Et ce, qu’ils soient basés en France (54 %) ou à l’international (52 %). En termes de tailles d’agences, les plus grosses, qui emploient plus de dix salariés, affichent un bon niveau d’activité ; contrairement à celles qui emploient moins de dix salariés, qui sont en retrait.

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