Placée en redressement judiciaire depuis novembre dernier, l’enseigne d’ameublement Alinea joue sa survie avant la décision du tribunal des activités économiques de Marseille, attendue le 31 mars prochain. Entre une offre de reprise contestée, des marques d’intérêt ciblées de distributeurs comme Ikea ou Leroy Merlin et l’hypothèse d’une liquidation, l’avenir des 1 200 salariés reste suspendu à l’issue judiciaire.
Entre une histoire sans fin et la chronique d’une fin annoncée.
Placée en redressement judiciaire le 20 novembre 2025, l’enseigne d’ameublement Alinea, qui emploie environ 1 200 salariés, reste – encore – suspendue à une décision du tribunal des activités économiques de Marseille (13), attendue le 31 mars prochain.
Trois scénarios restent envisagés : l’adoption d’un plan de redressement, la cession partielle ou totale de l’entreprise, ou une liquidation judiciaire. Lors d’une audience organisée le 5 mars dernier à Marseille, une unique offre globale de reprise a été présentée. Elle émane de la holding SDC, basée à Bucarest, qui a déposé son dossier à la dernière minute, juste avant la clôture des candidatures, alors qu’elle s’était initialement retirée des discussions quelques semaines auparavant. Aucun représentant du groupe roumain ne s’est présenté à l’audience pour défendre cette proposition.
Le projet prévoit la reprise de 20 des 36 magasins de l’enseigne et le maintien d’environ 572 salariés. Selon un document consulté par l’AFP et révélé par le très bien informé Canard enchaîné, le repreneur souhaite « reprendre l’activité d’Alinea telle qu’elle existe aujourd’hui, à l’exception de sept magasins dont la taille et la performance ne cadrent pas avec la stratégie ». Le plan repose sur « la fermeture des sites déficitaires, le redéploiement des ressources vers les 20 points de vente à fort potentiel », ainsi que sur l’arrêt des « activités périphériques non contributives » telles que les pôles cuisine, restauration et atelier culinaire.
Une certitude : sept magasins ne seraient pas repris dans ce scénario, à savoir : Aubagne (Bouches-du-Rhône), Herblay-sur-Seine (Val-d’Oise), Orléans (Loiret), Bègles (Gironde), Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), Melun (Seine-et-Marne) et Chambourcy (Yvelines). Selon plusieurs sources, l’offre a toutefois été jugée « irrecevable », et par la direction de l’entreprise, et par le tribunal.
Parallèlement, plusieurs groupes ont déposé des propositions limitées à la reprise ponctuelle de certains points de vente, notamment Ikea, Leroy Merlin, B&M, Grand Frais et le groupe Cargo, avec à la clé le maintien de quelques dizaines d’emplois selon les projets.
En toute logique, cette situation suscite de fortes tensions parmi les salariés. « Nous nous opposons au retour de SDC et de leur offre que nous jugeons indigne et insuffisante, en laquelle nous n’avons plus aucune confiance », a ainsi déclaré Margaux Palvini, représentante FO à Aubagne (où se trouve le siège historique de l’enseigne). Dans l’attente de la décision judiciaire, les magasins poursuivent leur activité (à grand renfort de remises et autres déstockages), tandis que l’avenir de l’enseigne et de ses 1 200 salariés demeure plus que jamais incertain.
(Sources : AFP, Le Parisien, Le Figaro, France 3 Régions.)
(Photo : © Alinea.)
