Le e-commerce frôle les 200 milliards d’euros et voit l’IA s’ancrer dans les parcours d’achat
Le e-commerce français a frôlé les 200 milliards d’euros en 2025, en hausse de 7 %, confirmant son ancrage durable dans les usages malgré un contexte économique incertain et un panier moyen en recul. Portée par la progression des services et la hausse des transactions, cette dynamique s’accompagne d’une montée en puissance inédite de l’IA, déjà utilisée par près d’un cyberacheteur sur trois dans son parcours d’achat.
Le e-commerce français a frôlé les 200 milliards d’euros en 2025, confirmant son statut de canal central dans les arbitrages de consommation.
Selon les données dévoilées le 11 février dernier par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), le secteur (produits et services confondus) a atteint 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 7 % sur un an, après une hausse de 9,6 % en 2024. Dans un environnement économique et politique qualifié d’« incertain », cette dynamique reste portée par les usages : les Français commandent davantage en ligne, même si la pression sur les prix pèse sur la valeur unitaire des achats.
Les ventes de services poursuivent leur trajectoire ascendante, avec une croissance de 9 %, à 120,3 milliards d’euros, tandis que les ventes de produits progressent de 4 %, à 76,1 milliards d’euros. La reprise amorcée en 2024 sur les produits non alimentaires se confirme, alors que les services maintiennent leur rythme. Au total, 3,2 milliards de transactions ont été réalisées en 2025 sur des sites de vente en ligne, soit une hausse de 10 % par rapport aux 2,9 milliards enregistrés en 2024. La dynamique ne faiblit pas, soutenue notamment par une accélération des transactions de services.
Dans le même temps, le panier moyen recule de 3 % sur un an, pour s’établir à 62 euros. La baisse concerne à la fois les produits, en retrait de 4 % dans un contexte de recherche de petits prix, et les services, en diminution de 3 %. Sur l’ensemble de l’année, la part du e-commerce dans la vente de produits est estimée à 12 % du commerce de détail, illustrant l’ancrage du canal digital dans les habitudes d’achat.
Les résultats du panel “iCE100” confirment cette tendance. Ce panel, réalisé par la Fevad auprès de plus de 100 sites leaders (produits grand public, e-tourisme et ventes aux professionnels), mesure le volume d’affaires réalisé en propre par ces sites ainsi que celui généré sur leurs places de marché, exclusivement pour les commandes passées via internet et livrées en France. Il enregistre une progression des ventes aux consommateurs de 5,6 %, dans un contexte de léger retrait du commerce de détail.

Parmi les secteurs les plus dynamiques figurent l’électronique et l’électroménager, en hausse de 5,2 %, le sport à +5,1 % et le meuble/décoration à +3 %. Les textiles maison progressent de 2,9 %, les produits de grande consommation de 2,7 % et la beauté de 2 %, tandis que l’habillement/chaussures recule de 0,5 %, davantage impacté par les arbitrages de consommation. Le dernier trimestre a été porteur pour l’ensemble des catégories. Les sites de voyage/loisirs affichent pour leur part une progression annuelle de 10 %, tirée par les transports. Sur le segment BtoB du panel iCE100, l’année 2025 est qualifiée de stable, les ventes aux professionnels ayant été impactées par le manque de visibilité sur le contexte politico-économique.
Pour Marc Lolivier, directeur général de la Fevad, « avec près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le e-commerce français confirme qu’il est devenu un véritable levier de performance économique pour le pays. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions commerciales, disposer d’une filière e-commerce forte et structurée constitue un atout stratégique et un instrument de souveraineté qu’il nous appartient de préserver et de renforcer ». Il souligne également que « cette dynamique repose sur la capacité d’innovation des entreprises françaises et sur la confiance des consommateurs », tout en rappelant les défis liés à la concurrence, aux enjeux réglementaires, technologiques et environnementaux.
En marge de ce bilan annuel, la Fevad a également présenté une étude réalisée par Odoxa consacrée à l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans les parcours d’achat. Elle révèle notamment que 31 % des cyberacheteurs utilisent déjà l’IA générative lorsqu’ils effectuent des achats en ligne, principalement en amont de la décision. Selon Marc Lolivier, « en moins de trois ans, près d’un cyberacheteur sur trois utilise déjà l’IA pour ses achats, un niveau d’adoption inédit à ce stade de maturité technologique ». Pour les acteurs du commerce, cette (r)évolution s’inscrit dans une transformation des parcours qui accompagne désormais le développement même de la technologie.
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