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Procos alerte sur les conséquences économiques des émeutes pour le commerce spécialisé

Procos alerte sur les conséquences économiques des émeutes pour le commerce spécialisé

Les émeutes des 17 et 18 octobre ont lourdement touché le commerce spécialisé, avec des préjudices matériels et des pertes d’exploitation qui menacent l’activité de plusieurs commerçants à l’approche des fêtes de fin d’année. La fédération Procos alerte sur les conséquences économiques et humaines de ces dégradations, alors que la réouverture de certains magasins pourrait être retardée au-delà de Noël.

Les déjà tristement “célèbres” émeutes des 17 et 18 octobre derniers ont frappé les centres-villes et les centres commerciaux dans toute la France, occasionnant des dégâts matériels et des pertes d’exploitation pour les enseignes du commerce spécialisé. Dans un bilan diffusé le 21 octobre dernier par Procos (“Agir pour un commerce qui donne envie”) la “Fédération du commerce spécialisé” évalue à plusieurs dizaines de millions d’euros le préjudice économique provisoire pour l’ensemble du commerce spécialisé. Les remontées de ses adhérents font état de magasins pillés ou détruits, d’autres dégradés en façade ou ayant subi des intrusions, mais aussi de conséquences humaines pour les équipes, alors que les enseignes préparent les fêtes de fin d’année.

Selon les estimations de la fédération, le préjudice moyen atteint entre 250 000 € et 500 000 € pour un magasin pillé ou détruit, en tenant compte des travaux de réfection lourde, du stock volé et de la perte d’exploitation jusqu’à Noël. Pour un magasin dont la façade a été dégradée ou qui a subi une intrusion sans pillage, il se situe entre 20 000 € et 80 000 €. Pour l’ensemble des magasins physiquement touchés, Procos évalue la moyenne entre 150 000 € et 250 000 € par point de vente. Ces montants restent provisoires et reposent sur les déclarations des enseignes adhérentes. La fédération souligne que, dans les emplacements de centre-ville, la perte d’exploitation d’ici Noël peut à elle seule égaler ou dépasser le coût des dégâts matériels.

Le calendrier des événements constitue hélas un enjeu majeur pour les commerces concernés. Et Procos de rappeler ici que cette période de l’année est particulièrement stratégique pour de nombreuses enseignes, puisqu’elle peut représenter jusqu’à la moitié de leur chiffre d’affaires annuel. Plusieurs magasins détruits ne rouvriront pas avant Noël, ce qui les expose à une perte d’activité pendant cette échéance commerciale. Au-delà des dommages matériels et des marchandises dérobées, la fédération rapporte des équipes sidérées, parfois confinées dans leurs magasins, des lieux de travail saccagés et un profond sentiment d’abandon et d’insécurité. Des reclassements sont également à prévoir.

« Ce qui s’est joué les 17 et 18 octobre dépasse les vitrines brisées : c’est le cœur de nos centres-villes et le lien de proximité qui ont été attaqués », déclare André Tordjman, président de Procos. Il ajoute : « Derrière chaque magasin, il y a des femmes et des hommes qui font vivre nos territoires et qui, aujourd’hui, représentent des cibles. C’est inacceptable. » Le président de la fédération salue le courage des commerçants et estime que le commerce spécialisé ne doit pas rester seul face aux conséquences de ces événements. « Nous attendons de l’État une réponse à la hauteur, rapide et durable », conclut-il.

Procos indique avoir transmis un premier bilan chiffré au ministre du Commerce, Serge Papin, dès le week-end suivant les émeutes, puis défendu les intérêts du commerce spécialisé lors du “Conseil des entreprises exceptionnel” du 20 octobre dernier. La fédération a également mis en place une ligne directe pour recenser la situation de ses adhérents dans les territoires.

Elle a accueilli favorablement les mesures d’aide annoncées par le gouvernement le 21 octobre, qu’elle avait réclamées avec les autres fédérations représentatives du commerce. Elle demande également des dispositifs de sécurité adaptés aux prochaines mobilisations annoncées les 24 et 27 octobre, puis le 5 novembre, ainsi que des interlocuteurs clairement identifiés dans chaque territoire auprès des préfectures. La fédération entend suivre la mise en œuvre des mesures de soutien portant sur la trésorerie, les moratoires sur les charges, les prêts à taux zéro et l’activité partielle. Elle poursuivra enfin les échanges avec les assureurs, les banques et les bailleurs, afin de favoriser la reprise d’activité des commerces touchés.

Pour Julien Aubignat, délégué général de Procos, l’urgence est de permettre aux enseignes de sécuriser leurs points de vente et de rouvrir avant les fêtes. « Les chiffres que nos adhérents nous remontent sont sans appel. La facture se comptera en dizaines de millions pour le seul commerce spécialisé ; au pire moment, à l’entrée de la période de Noël », affirme-t-il. Il insiste sur la nécessité d’aides « rapides et simples », d’une « assurabilité préservée » et de délais de remise en état « compatibles avec la survie des magasins ».

            (Images générées par intelligence artificielle.)

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