Selon une récente étude de L’ObSoCo, 70 % des Français anticipent une année 2026 difficile pour le pays, mais un tiers se déclarent personnellement optimistes, écart déjà observé en 2025 entre perception collective et ressenti individuel. Un signal clé pour les industriels et distributeurs du meuble, alors que le moral des ménages reste un déterminant central de la consommation d’équipements de la maison.
Si la barre fatidique du 31 janvier est bel et bien passée, nous n’en sommes malgré tout qu’au début d’une nouvelle année, qui invite encore aux bilans et aux vœux… Quel regard les Français portent-ils sur 2025 et, surtout, comment se projettent-ils dans 2026 ? L’ObSoCo (L’Observatoire Société et Consommation) leur a posé la question. Résultat, alors que l’état d’esprit de nos concitoyens constituera une nouvelle fois un facteur clé de leur propension à consommer… ou pas : un jugement sévère sur la France de 2025 ; un regard plus nuancé à titre individuel. Synthèse.
Sans surprise, le climat d’opinion reste largement négatif. Interrogés sur leur évaluation de l’année 2025 pour la France, sur une échelle de 0 à 10, 22 % des répondants ont attribué la note minimale de… 0 ! Au total, trois quarts des Français (75 %) jugent l’année passée très défavorablement, avec une note inférieure ou égale à 4. À l’inverse, seuls 4 % lui accordent une note supérieure ou égale à 7. L’appréciation s’avère en revanche plus favorable lorsqu’il s’agit du vécu personnel. Près d’un tiers des Français (32 %) estiment que leur année 2025 a été positive. Un différentiel marqué avec l’évaluation collective, qui met en évidence un écart persistant entre perception nationale et ressenti individuel ; et qui pourrait inciter les professionnels de l’équipement de la maison (industriels et distributeurs confondus), si ce n’est à l’optimisme, en tout cas à ne pas sombrer dans un pessimisme mortifère. À fortiori lorsque l’on constate que la même enquête révèle des anticipations 2026 prudentes certes, mais qui suivent la même logique.

Les projections pour 2026 s’inscrivent effectivement dans la continuité du ressenti 2025. Près de sept Français sur dix anticipent ainsi une année difficile pour la France, tandis que seuls 6 % estiment qu’elle sera bonne. À l’échelle individuelle, les perspectives évoluent peu par rapport au bilan 2025 : la proportion de répondants se déclarant très pessimistes recule légèrement (de quatre points) ; en revanche, la part des Français se disant optimistes demeure stable, à 33 %.
Les vœux exprimés spontanément pour le pays traduisent ce regard critique. La demande de changement politique arrive en tête, citée par 27 % des répondants. Une tendance, soit dit en passant, en parfaite cohérence avec les enseignements du premier baromètre trimestriel public lancé en décembre dernier par L’ObSoCo et le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), intitulé “Priorités françaises”, conçu pour mesurer la hiérarchie réelle et spontanée des préoccupations des Français : démission du président, renouvellement gouvernemental et organisation de nouvelles élections. Cette attente s’accompagne également d’un souhait d’amélioration de la situation économique et du pouvoir d’achat, cité par 19 % des répondants, ceci autour de trois axes principaux : hausse des salaires, baisse des taxes et maîtrise de l’inflation.
Les enjeux de sécurité et de paix figurent également parmi les priorités exprimées, avec un double vœu : éviter les conflits et renforcer la sécurité intérieure. Cette préoccupation coexiste avec une demande de stabilité et de cohésion, citée par 17 % des répondants, parallèlement aux attentes de changement politique. Au-delà des thématiques, une attente transversale s’impose : une plus grande écoute des dirigeants et une attention accrue portée aux préoccupations des Français.

Les vœux exprimés à titre individuel se caractérisent par leur sobriété. La santé arrive en tête des priorités, citée par 21 % des répondants. Elle est suivie par les enjeux financiers (12 %), autour d’objectifs pragmatiques tels que la capacité à boucler les fins de mois, partir en vacances ou épargner. La paix dans le monde recueille 10 % des citations, illustrant une préoccupation géopolitique qui s’étend à la sphère personnelle. Les attentes liées au travail représentent 9 % des réponses, traduisant une recherche de stabilité et de reconnaissance, notamment à travers l’accès à un emploi stable ou à une activité jugée plus satisfaisante. Les thématiques de sérénité et d’épanouissement personnel sont citées par 6 % des répondants, témoignant d’un besoin de bien-être dans un contexte, cela ne surprendra personne, perçu comme anxiogène.
« Fait notable, relève la société d’études et de conseil en stratégie : 9 % des répondants ne formulent aucun vœu ; chiffre qui interroge, sans qu’on puisse trancher entre résignation, prudence ou simple difficulté à se projeter ».
Et de poursuivre : « Cette modestie des vœux personnels contraste, on le voit, avec la radicalité des demandes politiques. Comme si les Français, lucides sur les blocages collectifs, choisissaient de préserver ce qui dépend encore d’eux. Mais cette sobriété n’est pas que repli. Elle porte une ambition intacte : celle d’une vie digne, de liens préservés, d’un avenir moins incertain. Et peut-être une forme de sagesse : savoir distinguer ce que l’on peut changer de ce qu’on doit accepter, tout en continuant d’espérer. C’est cela, finalement, que l’on peut peut-être se souhaiter pour 2026 : la lucidité qui protège, et l’espérance qui fait avancer. »
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