Dans un contexte économique incertain, une étude OpinionWay pour Sofinco montre que le logement reste un refuge central pour les Français, alimentant une forte aspiration à améliorer confort et décoration. Mais les contraintes budgétaires redessinent les comportements : les achats de meubles se font d’abord par nécessité, avec des arbitrages sur la marque ou l’origine et un recours croissant au paiement fractionné. Dans ce marché sous tension, le digital s’impose aussi comme une étape clé du parcours d’achat et d’inspiration.
Fin février dernier, Sofinco, marque commerciale de “Crédit Agricole Personal Finance & Mobility” spécialisée dans le crédit à la consommation, a publié les principaux enseignements de l’étude “Les Français et le budget ameublement” réalisée par l’institut OpinionWay et destinée à appréhender et analyser les dépenses liées à l’ameublement, ceci dans le cadre de son bien connu baromètre “Sofinscope”, outil plus généralement destiné à sonder les Français sur leurs habitudes de consommation et à mieux les comprendre. Synthèse.
Dans un contexte économique et social jugé instable (mais est-ce une surprise ?), le logement s’impose plus que jamais comme un espace central du quotidien des Français. Selon ce sondage OpinionWay pour Sofinco, l’intérieur du foyer dépasse en effet largement sa simple fonction pratique pour devenir un véritable refuge : 58 % des répondants le décrivent avant tout comme un cocon ou un lieu où se sentir bien, loin devant la dimension fonctionnelle (20 %) ou sociale pour recevoir (14 %).
Cette quête de bien-être nourrit l’envie d’améliorer son cadre de vie. Ainsi, 68 % des Français envisagent de rafraîchir leur décoration et 63 % souhaitent améliorer concrètement leur confort domestique, qu’il s’agisse de mieux dormir, mieux s’asseoir ou mieux organiser leur rangement.
Cela dit, cette aspiration à un intérieur plus confortable se heurte à la réalité budgétaire. L’étude met ainsi en évidence un décalage entre les intentions et les achats effectifs.
En 2026, la logique de nécessité prend le pas sur celle du plaisir : seuls 26 % des Français prévoient d’acheter des meubles par envie, tandis que 33 % le feront pour remplacer un équipement usé ou cassé. Le coût global de l’ameublement constitue le premier frein à la concrétisation des projets pour 61 % des personnes interrogées. Au total, 85 % identifient au moins un obstacle à leurs projets d’équipement, le plus souvent lié au niveau de dépense requis, mais aussi à la difficulté de prioriser ce poste face à d’autres frais, citée par 25 % des répondants.
Face à ces contraintes, les ménages adoptent différentes stratégies susceptibles de leur permettre de préserver leurs projets d’aménagement. Plus de la moitié d’entre eux privilégient la patience : 51 % déclarent préférer économiser et attendre plutôt que de sous-équiper leur logement. Lorsque le budget impose néanmoins des arbitrages, les compromis restent fréquents. Au total, 83 % des Français indiquent être prêts à en faire pour atteindre leur objectif d’aménagement. Les concessions portent d’abord sur la marque, citée par 34 % des répondants, puis sur l’origine de fabrication, mentionnée par 28 %. En revanche, l’image que renvoie leur intérieur reste un élément auquel ils renoncent rarement, seuls 13 % se disant prêts à la sacrifier.

Dans ce contexte, certains modes d’achat et d’usage apparaissent comme des leviers permettant de maintenir les projets d’équipement. Le paiement en plusieurs fois s’est ainsi installé dans les pratiques comme un outil de gestion des dépenses pour 60 % des Français. Pour 66 % d’entre eux, il permet d’éviter de renoncer à la qualité de l’aménagement intérieur ; tandis que 65 % estiment que, sans ces facilités de paiement, leurs projets resteraient hors de portée, un sentiment encore plus marqué chez les locataires (72 %).
Parallèlement, des solutions alternatives émergent. La location longue durée d’équipements domestiques commence à trouver son public : 35 % des Français se disent prêts à y recourir pour équiper leur logement sur plus de trois mois. Cette option est davantage envisagée pour des besoins ponctuels ou temporaires, notamment certains équipements domestiques (22 %) ou l’électroménager (20 %), tandis que les meubles liés au bien-être, comme le lit, suscitent un intérêt plus limité (14 %).
L’étude souligne également l’importance croissante du numérique dans le parcours d’achat. Près de sept Français sur dix repèrent désormais leurs meubles en ligne avant de décider où et comment acheter (68 %). Les avis consommateurs jouent un rôle déterminant, puisque 51 % des répondants déclarent que les notes et commentaires influencent fortement leur décision finale. Les réseaux sociaux s’imposent également comme un espace d’inspiration… et parfois d’achat. Chez les 18/24 ans, Instagram, TikTok ou Pinterest constituent des catalogues d’idées pour 70 % d’entre eux et un canal d’achat direct pour 44 %. À l’échelle de l’ensemble de la population, 26 % des Français disent s’inspirer sur ces plates-formes et 18 % y avoir déjà effectué un achat.
Cette enquête a été réalisée auprès de 3 017 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne entre le 23 et le 30 janvier 2026 selon la méthode des quotas. Elle met clairement en lumière un marché de l’ameublement marqué par un attachement fort au confort domestique, mais également par des arbitrages budgétaires qui redessinent les comportements d’achat et les parcours de consommation.
