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En 2026, Discac change de braquet et affirme ses ambitions

En 2026, Discac change de braquet et affirme ses ambitions

Sur le salon EspritMeuble, Discac a présenté sa “Collection Cuisines 26-27”, conçue comme un pivot stratégique pour accompagner ses ambitions de développement à l’horizon 2030. En élargissant son offre et son périmètre d’intervention, l’industriel girondin cherche à rester aligné avec les attentes des concepteurs, tout en affirmant une évolution à la fois industrielle, organisationnelle et culturelle.

Lors de la dernière édition du salon EspritMeuble (15-18 novembre dernier), Discac ne s’est pas contenté de dévoiler une nouvelle collection cuisine. Sur son stand, le fabricant girondin mettait en scène une inflexion stratégique assumée, pensée à la fois comme un marqueur fort de ses 35 années d’existence et comme un levier de croissance pour les années à venir. Annoncée en amont du rendez-vous de la porte de Versailles (notamment lors de la célébration de l’anniversaire de l’entreprise à Bordeaux, en juin dernier), puis distillée par touches successives les mois suivants, la “Collection Cuisines 26-27” de l’industriel français s’est révélée aux professionnels dans toute son ampleur avec, à la clé, un message clair : Discac entend élargir son terrain de jeu, sans renier ce qui a fait son succès.

« Notre objectif, résume Romain Langagne, directeur commercial et marketing, c’était de marquer le coup pour nos 35 ans bien sûr, en élaborant une gamme avec beaucoup de nouveautés, mais aussi, voire surtout, d’apporter des solutions qui nous permettent de réaliser nos ambitions ». Officialisées par Cédric Gauchet, dirigeant de l’entreprise, lors de l’événement bordelais évoqué plus haut, ces ambitions sont désormais connues et clairement assumées : devenir le troisième fabricant français de cuisines d’ici 2030 et franchir le cap des 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une trajectoire qui, selon les cadres de Discac, impose de faire évoluer l’offre, pour rester en phase avec les attentes du marché et des concepteurs.

L’esprit de cette “Collection Cuisines 26-27” repose notamment sur un positionnement volontairement complémentaire. Autrement dit : le fabricant revendique sa capacité à proposer une alternative crédible aux standards dominants et aux gammes germaniques leaders du moment, tout en cultivant sa singularité. « Nous ne recherchons pas l’opposition frontale, explique Romain Langagne. Nous voulons être complémentaires de l’existant : nos compétiteurs poussent des produits très rationnels et volumiques ; nous aussi, mais en plus nous venons apporter de la couleur, de la tendance… ». Une manière d’affirmer qu’un industriel français peut conjuguer compétitivité, réactivité et audace esthétique.

Plus concrètement, cette nouvelle collection constitue une mise à jour d’ampleur pour le Girondin. Elle se traduit par une augmentation plus que significative de l’offre, avec un enrichissement (400 nouveaux meubles, 91 nouvelles façades, six plans de travail, 15 poignées inédites…) qui vise à faciliter le travail des concepteurs tout en élargissant les possibilités de projets. « Cela représente environ 25 % de références en plus dans nos tarifs, souligne ici le directeur commercial. Soit un quart de références supplémentaires, qui permettent aux professionnels de concevoir une cuisine plus simplement, tout en montant en gamme sur certains produits ». L’enjeu est clair : conserver l’ADN de Discac – prix, délais, service – tout en allant chercher le cœur de marché, là où se jouent aujourd’hui de véritables arbitrages, entre accessibilité et inspiration.

Sans parler de bascule vers le premium, l’entreprise assume néanmoins une montée en sophistication sur certains éléments. Grandes façades, portes escamotables de grande hauteur avec raidisseur, arrondis, finitions plus travaillées… : autant de choix qui traduisent une volonté de répondre à des tendances souvent associées aux segments hauts du marché. « Ce sont des attentes qui existent et auxquelles nous nous devions de répondre », résume Romain Langagne.

Pour nourrir ses choix, Discac revendique une méthode mêlant veille, écoute terrain et ouverture à d’autres univers. Salons internationaux, échanges avec les fournisseurs, remontées des équipes commerciales et analyses concurrentielles, constituent le socle de ce travail en amont. À cela s’ajoute une collaboration atypique dans l’univers de la cuisine : le recours à un regard extérieur issu d’un autre secteur créatif (en l’occurrence la bijouterie), en la personne de Marion Brun. « C’est la troisième collection sur laquelle nous travaillons main dans la main avec cette designeuse hors-univers, se réjouit Vanessa Pasquon, responsable communication chez Discac. Elle nous apporte un regard vraiment différent. Sur le secteur de la cuisine, très peu d’acteurs font ainsi appel à des talents extérieurs ».

Globalement, cette curiosité et cette ouverture d’esprit se traduisent notamment dans les choix coloriels de cette nouvelle collection cuisine, parfois disruptifs, et pensés en résonance avec d’autres champs d’expression, comme la mode ou le digital. « Bon nombre de consommateurs s’inspirent aujourd’hui sur Instagram ou Pinterest, poursuit Vanessa Pasquon. Or il leur arrive d’y voir de réelles tendances… qu’ils ne retrouvent pas toujours ensuite dans les catalogues cuisinistes ! Nous, nous essayons, autant que faire se peut, de coller au mieux aux tendances du moment ». Parce que même si les finitions blanches représentent toujours la majeure partie des ventes, la présence de couleurs affirmées joue ici un rôle d’image essentiel : « Il faut que le client se dise : Discac EST dans la tendance. »

Cette collection est également le fruit d’un travail de co-construction avec les partenaires distributeurs. Ainsi, l’industriel a, au préalable, multiplié les échanges qualitatifs avec ses principaux clients, afin d’identifier les attentes, les manques et les leviers d’amélioration. Une démarche qui s’inscrit dans une philosophie revendiquée : « Nous ne développons pas un produit en disant ensuite au commerce de le pousser, insiste Romain Langagne. Nous co-construisons nos collections avec nos clients ».

Autre dimension structurante de la collection : l’inclusion d’une réflexion RSE élargie, qui dépasse la seule question environnementale. Discac en effet, qui veut devenir « une entreprise vertueuse », y intègre un concept dédié à l’accessibilité, pensé pour répondre aux enjeux du handicap et du vieillissement, développé en partenariat avec le bureau d’études spécialisé AMR Concept. Son nom : “Eléva”. Le concept : un linéaire à hauteur variable (manuel ou motorisé) pour plan de travail de 120 cm ou 180 cm. Réglable en hauteur de 71 cm à 91 cm, il s’adapte à tous : personnes à mobilité réduite, seniors, petits et grands. Au-delà du sens sociétal, l’intérêt d’Eléva est aussi opérationnel pour les cuisinistes, avec une solution clé en main, simple à prescrire, rapide à livrer, facile à installer. Une innovation qui, soit dit en passant, a reçu le premier prix des trophées “M Awards” du salon EspritMeuble dans la catégorie “cuisine”.

La collection marque également une ouverture assumée vers l’aménagement global de l’habitat : longtemps cantonné à la seule image d’un acteur “cuisine & salle de bains”, plutôt positionné sur l’entrée de gamme, Discac entend plus que jamais démontrer la polyvalence de son outil industriel. « À partir de meubles de cuisine ou de panneaux sur mesure, on peut équiper n’importe quelle pièce de la maison », lance Romain Langagne. Dressing, buanderie, entrée, salon ou bibliothèque viennent ainsi élargir le champ des possibles. « Le produit le permet, à condition d’avoir de bons concepteurs et de bons poseurs », complète Vanessa Pasquon.

Derrière tous ces choix stratégiques, c’est aussi une volonté de rupture culturelle qui s’exprime. « Pendant longtemps, reconnaît le directeur commercial et marketing, nous avons été, en quelque sorte, des “suiveurs”. Aujourd’hui, dès lors que nous voulons devenir un acteur important sur nos marchés, nous devons être capables d’être parfois précurseurs, de tenter des choses, quitte à se tromper ». Selon lui, cette capacité à oser est en outre indissociable de l’agilité propre à l’entreprise Discac : « Nous sommes capables d’identifier une tendance et de la développer rapidement. Cela fait partie de nos atouts intrinsèques. » Une dynamique renforcée par une organisation interne resserrée, avec une gouvernance unifiée du commerce, du marketing et de la communication. « Cela nous apporte plus de cohérence et une capacité à trancher plus vite », précise à ce sujet Romain Langagne, qui revendique par ailleurs un pilotage par le commerce, au plus près des attentes clients.

Sur le plan commercial justement, cette “Collection Cuisines 26-27” s’adresse d’abord aux partenaires actuels de la marque bien sûr, mais elle est aussi pensée comme un levier de conquête ! Discac maintient son choix d’un modèle de marque blanche, ouverte à tous les concepteurs, qu’ils soient cuisinistes indépendants, sous enseignes, multi-spécialistes meuble, ménagistes ou acteurs de la promotion immobilière.

Enfin, cette collection porte un message plus large sur la place de l’industrie française dans la cuisine, véritable cheval de bataille de Discac et de son directeur commercial ces prochains mois. « Il faut décomplexer. Ce n’est pas parce qu’on est français qu’on ne sait pas faire, au contraire ! », martèle-t-il, appelant à changer le regard porté sur les fabricants hexagonaux. A fortiori parce que pour lui, la valeur ne se joue pas uniquement sur la surenchère technique promue par bon nombre de concurrents étrangers, mais bien plutôt sur la justesse de la réponse aux besoins des clients : « Le consommateur veut une cuisine qui fonctionne bien, au bon prix, écoresponsable et qui lui ressemble. »

Pensée pour vivre sur deux ans, la collection pourra évoluer à la marge si nécessaire, fidèle à l’esprit d’agilité revendiqué par Discac. Mais le cap est donné. Sur EspritMeuble, le fabricant n’a pas seulement présenté une nouvelle gamme : il a affiché une ambition industrielle, commerciale et culturelle assumée, et entend bien le faire savoir.

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