Commerce spécialisé : décembre sous tension, le digital limite la casse d’une année 2025 en repli
La fédération Procos fait état, dans un contexte marqué par des arbitrages de consommation toujours plus contraints et des conditions climatiques atypiques, d’un mois de décembre 2025 qui affiche une activité contrastée, soutenue par le e-commerce et certains secteurs clés, mais pénalisée par une fréquentation encore en recul. L’année s’achève sur des performances en léger négatif.
Des performances en magasins en baisse de 2,8 % en décembre dernier (versus décembre 2024), pour un bilan annuel à -0,8 % : tels sont les deux chiffres clés révélés le 13 janvier dernier par Procos (Fédération pour la promotion du commerce spécialisé) dans sa dernière note de conjoncture.
Ainsi, en décembre 2025, tandis que (comme déjà dit) le chiffre d’affaires des magasins régresse de 2,8 %, le canal web, lui, confirme son dynamisme, avec une hausse de 3 %. De même, tandis que, sur l’ensemble de l’année 2025, le chiffre d’affaires en magasins recule de 0,8 %, celui du e-commerce affiche une croissance soutenue, de 3,4%.
Côté secteurs d’activité, si l’alimentation spécialisée enregistre un recul d’environ 1 % en décembre, ce segment termine néanmoins l’année en positif, avec une progression proche de 2 %, confirmant sa bonne résistance. Le secteur de l’habillement a été particulièrement impacté sur ce dernier mois de l’année, avec une baisse marquée de 4,5 % en magasins. « Des températures exceptionnellement clémentes jusqu’au 20 décembre ont fortement pénalisé la vente de grosses pièces telles que manteaux, anoraks et vestes, avance à ce sujet Procos. Le refroidissement observé en fin de mois a toutefois permis d’atténuer partiellement cette tendance ». Sur l’ensemble de l’année, le secteur affiche une quasi-stabilité, à -0,3 % en magasins. Le secteur de la beauté connaît également une fin d’année difficile, avec un recul de 3,6 % en décembre et un bilan annuel en baisse de 2,6 % par rapport à 2024.
À l’inverse, le jeu/jouet confirme sa bonne dynamique en fin d’année, principalement sur le web. Les performances du secteur ont été portées par des licences fortes telles que Lego, Pokémon et par l’essor du segment des “kidultes” (les passionnés de jeux en tout genre, âgés de 13 à 60 ans), qui continue de soutenir les ventes. Sur ce secteur, l’année s’achève à +3,5 % en magasins et +8,7 % sur le web, pour une moyenne de 6,8 % tous canaux de distribution confondus.

Si cette dernière note de conjoncture pour l’exercice 2025 ne donne pas d’indications concernant le secteur de l’équipement de la maison, elle souligne toutefois que, tandis que « les incertitudes économiques et politiques continuent à peser sur la consommation, les comportements d’achat ont été marqués en cette fin d’année par l’attrait du Black Friday, qui s’est étendu sur une grande partie du mois de novembre. Les consommateurs ont ainsi largement anticipé leurs achats pendant cette période de promotions ».
Concernant l’activité par régions, aucune n’affiche de croissance en décembre. Paris limite toutefois la baisse à -1,2 % et parvient à clôturer l’année 2025 en positif, à +1,6 %. Les régions Rhône-Alpes, Sud-Est et Sud-Ouest enregistrent les reculs les plus marqués, compris entre -3 % et -4 %.
La fréquentation des magasins demeure en baisse, avec un recul de 0,7 % en décembre et de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2025, confirmant une tendance structurelle de fond.
Les gares se distinguent nettement et surperforment l’ensemble des formats, avec une progression de 2 % en décembre et de 3 % sur l’année. À l’inverse, tous les autres types d’emplacements sont en baisse en décembre, qu’il s’agisse des centres-villes, centres commerciaux, zones d’activités commerciales ou outlets. Les centres commerciaux et les outlets sont les plus pénalisés, avec un recul de 3,8 % sur le mois. Sur l’ensemble de l’année, les centres commerciaux affichent les performances les plus faibles, à -1,7 %.
« Si le mois de décembre s’est révélé globalement en dessous des résultats attendus, les performances ont été en partie rattrapées par des achats de dernière minute », affirme la fédération. Et de conclure : « Les perspectives pour le début de l’année ne sont pas encourageantes malgré le lancement des soldes d’hiver. L’épisode neigeux en début de mois et les barrages liés à la crise agricole compliquent fortement les déplacements, donc l’accès aux commerces. »
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