Le mobile et le paiement fractionné gagnent du terrain chez les cyberacheteurs français
Selon une récente étude de la Fevad, les habitudes de paiement des cyberacheteurs français se diversifient, portées par la progression du mobile, des portefeuilles numériques et du paiement fractionné. Si la carte bancaire domine toujours, les consommateurs utilisent désormais en moyenne 4,6 moyens de paiement différents. Parallèlement, près d’un acheteur sur deux se dit prêt à recourir à un agent d’IA pour ses achats en ligne, signe de l’émergence de nouveaux usages dans l’e-commerce.
Selon une étude réalisée par Toluna Harris Interactive pour la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance), les habitudes de paiement des cyberacheteurs français évoluent rapidement, sous l’effet de la montée en puissance du mobile, de la diversification des solutions de paiement et de l’installation durable du paiement fractionné. Cette enquête, menée en janvier 2026 auprès de 1 026 acheteurs en ligne, met également en évidence l’importance persistante de la sécurité et de la simplicité dans les attentes des consommateurs, tandis que les nouvelles technologies, comme les agents d’intelligence artificielle, commencent à susciter un réel intérêt.
Le smartphone apparaît désormais comme un canal transactionnel incontournable dans l’e-commerce. S’il n’est utilisé “que” par 76 % des acheteurs en ligne, contre 84 % pour l’ordinateur, l’écart se réduit et l’appareil mobile s’impose déjà dans plusieurs catégories d’achat. Pour la dernière commande d’articles de mode, par exemple, le smartphone est utilisé par 52 % des acheteurs, contre 38 % pour l’ordinateur. Le phénomène se retrouve également pour les articles de sport ou les achats alimentaires. Chez les plus jeunes, la domination du mobile est encore plus nette : 95 % des 18/24 ans déclarent utiliser le smartphone pour acheter en ligne. Selon le communiqué dédié aux résultats de cette étude, le mobile « représente un mode d’accès indispensable aux nouveaux moyens de paiements tels que les portefeuilles numériques/wallets ainsi que pour les nouvelles solutions de paiement différé ou BNPL » (pour « Buy Now, Pay Later », littéralement : « acheter maintenant, payer plus tard » ; fonctionnalité qui permet d’étaler les paiements dans le temps).
Dans le même temps justement, les cyberacheteurs multiplient les solutions de paiement. Si la carte bancaire reste de loin le moyen le plus utilisé, avec 92 % d’utilisateurs, d’autres options se développent. Les paiements via points de fidélité, bons d’achat ou cartes cadeaux, concernent 76 % des acheteurs, tandis que 57 % utilisent des portefeuilles numériques. D’autres modes complètent cet éventail, comme les prélèvements par carte, les virements ou les cartes prépayées. Au total, les acheteurs en ligne utilisent en moyenne 4,6 moyens de paiement différents, illustrant une diversification progressive des pratiques.
Parmi ces solutions, le paiement fractionné poursuit son ancrage dans les habitudes d’achat. Le paiement en trois ou quatre fois, connu sous l’acronyme “BNPL” cité plus haut, est ainsi utilisé par 51 % des acheteurs en ligne. Cette option s’impose particulièrement pour les achats à montant élevé, notamment dans les secteurs du voyage, des produits techniques ou de l’ameublement. Selon l’étude, ce mode de paiement est d’abord perçu comme un outil de gestion budgétaire. Les utilisateurs y voient un moyen de lisser leurs dépenses, citant cet avantage à 89 %, mais aussi d’accéder à des produits de meilleure qualité, un argument avancé par 76 % d’entre eux. Certains freins persistent toutefois, notamment « la crainte de l’endettement », évoquée par 44 % des répondants et « le manque de transparence sur les frais », mentionné par 40 %.

Les portefeuilles numériques continuent également de progresser dans les usages. Des solutions comme PayPal, Apple Pay ou Google Pay, sont aujourd’hui utilisées par 76 % des cyberacheteurs. Elles sont largement appréciées pour leur facilité d’utilisation et leur rapidité, mais aussi pour la sécurité qu’elles offrent. PayPal demeure l’application la plus utilisée, devant Apple Pay et Google Pay, avec un usage particulièrement ancré sur smartphone.
Malgré cette diversification, les attentes des consommateurs restent très concentrées sur la confiance et la sécurité. Les moyens de paiement les plus établis, comme les cartes bancaires ou les portefeuilles numériques ayant pignon sur rue, obtiennent les meilleurs niveaux de satisfaction. Les solutions plus récentes, telles que le virement instantané, le BNPL ou encore les crypto-actifs, suscitent des appréciations plus nuancées. Dans les priorités exprimées par les cyberacheteurs, la sécurité des paiements arrive nettement en tête, citée par 57 % des répondants, devant la protection des données personnelles et la simplicité ou la rapidité du parcours d’achat.
Enfin, l’étude souligne une ouverture croissante des consommateurs (en particulier des plus jeunes), aux nouvelles technologies liées au commerce en ligne. Près d’un acheteur sur deux se dit ainsi prêt à recourir à un agent d’intelligence artificielle (IA) pour l’aider à rechercher, comparer ou acheter sur Internet. Cette perspective séduit particulièrement les 18/34 ans, qui se montrent également plus utilisateurs du smartphone et des solutions de paiement innovantes associées. Selon le communiqué cité plus haut, « l’idée d’un agent IA séduit déjà près de la moitié des acheteurs en ligne », confirmant l’émergence de nouveaux usages à l’intersection du commerce électronique et de l’intelligence artificielle.
(Images : © Freepik.)