Placée en redressement judiciaire en novembre 2025, Alinea a été liquidée le 31 mars 2026 par le tribunal des activités économiques de Marseille, faute d’offre de reprise globale, entraînant la suppression d’environ 1 200 emplois et la fermeture de ses 36 magasins. Fragilisée depuis plusieurs années et durablement déficitaire, l’enseigne n’est pas parvenue à rétablir son équilibre dans un marché de l’ameublement dégradé.
Bien qu’attendu, le dénouement n’en est pas moins triste. Placée en redressement judiciaire le 20 novembre 2025, Alinea a été mise en liquidation le 31 mars dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille, faute d’offre de reprise jugée recevable, entraînant la suppression d’environ 1 200 emplois. Le réseau, composé de 36 magasins, cesse définitivement son activité, seuls sept franchisés étant en mesure de poursuivre… sous une autre bannière. Un comité social et économique (CSE) doit se tenir ce jeudi 2 avril afin de préciser les modalités du plan de licenciement.
C’était à craindre, la procédure de redressement judiciaire n’a pas permis de faire émerger de solution globale.
Comme déjà dit ici-même et pour mémoire, une unique offre de reprise portant sur l’ensemble du périmètre avait été déposée début mars par la holding roumaine SDC Properties, basée à Bucarest, qui proposait notamment de reprendre une partie des effectifs et du parc de magasins. Cette offre n’a pas été retenue.
D’autres prétendants, parmi lesquelles Ikea, Leroy Merlin, B&M, Grand Frais ou encore Cargo, avaient par ailleurs formulé des marques d’intérêt, limitées à certains sites, sans toutefois constituer une alternative crédible de reprise globale.

Pour rappel, la décision du tribunal intervient dans un contexte financier particulièrement dégradé. L’enseigne avait réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros, pour des pertes comprises entre 47 et 54 millions d’euros selon les estimations. Sur les années précédentes, les pertes cumulées avaient également atteint un niveau élevé, confirmant des difficultés structurelles durables.
L’entreprise avait déjà connu une première procédure de redressement judiciaire en 2020, dans le contexte de la crise sanitaire. Elle avait alors été reprise par son principal actionnaire, Alexis Mulliez, via la société Néomarché, avec le soutien de l’Association familiale Mulliez. Cette reprise s’était traduite par une réduction significative du périmètre, avec la fermeture de plusieurs magasins et la suppression d’environ un millier de postes, ainsi que par une recomposition du réseau incluant l’intégration progressive de magasins issus de l’enseigne Zôdio.
Malgré ces ajustements et un repositionnement engagé ces dernières années, l’activité n’a pas retrouvé d’équilibre. L’enseigne a, dans le même temps, évolué dans un environnement de marché défavorable, marqué notamment par le ralentissement du secteur de l’ameublement, contribuant à fragiliser davantage sa situation.
(Sources : AFP, Le Parisien, Le Figaro, Les Echos, Le Monde.)