Le commerce spécialisé démarre 2026 en retrait, avec un chiffre d’affaires en baisse de 2 % sur janvier/février, pénalisé par une consommation toujours contrainte. L’alimentaire spécialisé, l’habillement et la beauté, tirent l’activité vers le bas, tandis que le segment culture/cadeaux/jouets reste dynamique et que l’équipement de la maison résiste. Après un mois de janvier quasi stable, février marque un net décrochage, confirmant des arbitrages persistants des ménages dans un environnement économique et géopolitique incertain.
L’activité du commerce spécialisé a reculé sur les deux premiers mois de l’année 2026, dans un contexte de consommation toujours contraint. Selon la fédération Procos (“Agir pour un commerce qui donne envie”), le chiffre d’affaires en magasins, tous secteurs confondus, affiche ainsi une baisse de 2 % en cumul sur janvier et février par rapport à la même période de 2025.
Dans le détail, plusieurs segments enregistrent des replis marqués. L’alimentaire spécialisé recule de 6,1 %, l’habillement de 4,2 %, la beauté/parfumerie de 3,7 % et la restauration de 3,1 %. À l’inverse, le secteur culture/cadeaux/jouets progresse de 1,7 %, « confirmant une dynamique positive sur le début d’année », tandis que l’équipement de la maison reste « relativement stable », avec une hausse de 0,6 %.
Les évolutions mensuelles traduisent un début d’année contrasté. Tous secteurs confondus, l’activité en magasins s’est établie à +0,2 % en janvier, avant de reculer nettement en février (-2,8 %). Dans l’habillement, le mois de janvier (-1,3 %) a été pénalisé par « un démarrage difficile des soldes en raison des conditions climatiques défavorables avec l’arrivée de la neige », indique Procos, la tendance se dégradant encore en février (-3,8 %). À l’opposé, le secteur culture/cadeaux/jouets enregistre une progression soutenue, avec +3,8 % en janvier et +4,9 % en février, dans la continuité d’un marché déjà porteur en 2025.
L’équipement de la maison, après un mois de janvier bien orienté (+2,8 %), recule en février (-2,2 %), réduisant la progression initiale. La beauté/parfumerie voit son recul s’accentuer entre janvier (-0,8 %) et février (-2,4 %). L’alimentaire spécialisé et la restauration s’inscrivent, pour leur part, dans une tendance négative continue, la restauration passant de -1,5 % en janvier à -4,7 % en février, et l’alimentaire spécialisé de -3,1 % à -4 % sur la même période.
Sur le canal web, les évolutions apparaissent hétérogènes selon les secteurs. L’habillement recule en janvier (-4,7 %) avant de rebondir en février (+3 %), sans toutefois compenser le repli global. Le secteur culture/cadeaux/jouets présente une configuration inverse, avec une hausse en janvier (+4,5 %) suivie d’une contraction marquée en février (-5,8 %), alors que les magasins restent dynamiques. La restauration, de son côté, enregistre une baisse continue du web (-2,9 % en janvier et -5,9 % en février).
Au global, « ces résultats traduisent un début d’année marqué par une consommation prudente et des arbitrages persistants », souligne la fédération Procos, évoquant également « un environnement de consommation incertain accentué par un climat géopolitique tendu ». L’organisation précise que « l’impact de l’augmentation du prix des matières premières et du carburant sur la consommation se mesurera dans les prochains mois ».
La fréquentation des sites commerciaux s’inscrit, quant à elle, en légère progression, avec +0,1 % en janvier et +0,2 % en février. Ces évolutions sont portées par les centres-villes et les rues commerçantes, tandis que les zones de périphérie et les galeries commerciales enregistrent une légère baisse et que le format outlets sous-performe significativement.
À l’occasion de cette communication, la fédération Procos indique avoir refondu son panel d’activité du commerce spécialisé et élargi son périmètre en intégrant de nouveaux partenaires sectoriels, à savoir : Food Service Vision pour la restauration, IPEA pour le meuble et la décoration, et Retail Int. pour les univers habillement, beauté et alimentaire spécialisé. Cette évolution vise à enrichir les sources de données et à proposer « une photographie plus complète et représentative de l’activité du commerce », avec un échantillon élargi et une meilleure analyse des dynamiques sectorielles.
