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L’enseigne Alinea sera-t-elle définitivement fixée sur son sort le 5 mars prochain ?

L’enseigne Alinea sera-t-elle définitivement fixée sur son sort le 5 mars prochain ?

Placée en redressement judiciaire, Alinea suscite l’intérêt de sept candidats, majoritairement positionnés sur des reprises partielles, une seule offre portant sur un périmètre élargi pouvant concerner jusqu’à 575 salariés. Les propositions améliorées sont attendues au plus tard le 2 mars, avant une audience décisive fixée au 5 mars, qui devra trancher entre reprise partielle, restructuration plus large du parc ou réduction significative du périmètre de l’enseigne.

La mobilisation organisée le samedi 7 février dernier devant le siège historique d’Aubagne (13) illustre la fébrilité certaine qui entoure l’avenir d’Alinea. Placée en redressement judiciaire en novembre dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille, l’enseigne d’ameublement n’est toujours pas fixée sur son sort, alors que les discussions autour d’une éventuelle reprise entrent dans une phase décisive.

D’après une source syndicale citée par le quotidien d’information économique Les Echos, sept candidats se seraient déclarés intéressés par le rachat du distributeur. La plupart des propositions seraient toutefois limitées à certains sites, sans couvrir l’intégralité du périmètre. Une seule offre porterait sur une reprise large, incluant une part significative des 35 magasins et environ 575 salariés sur les quelque 1 200 que compte actuellement l’entreprise. Aucun détail précis n’aurait été communiqué aux équipes, alors même qu’un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est en discussion, le troisième depuis 2020.

Le candidat le plus en vue serait le promoteur immobilier roumain SDC Properties, présenté comme l’un des acteurs majeurs du résidentiel haut de gamme dans son pays. Ses dirigeants devraient d’ailleurs être reçus ce 12 février afin d’exposer les grandes lignes de leur projet devant le comité social et économique de l’entreprise (CSE) et les administrateurs judiciaires. La société, fondée en 2010, a développé plusieurs dizaines d’ensembles résidentiels et commerciaux et s’est associée, en juillet dernier, à The Trump Organization, pour déployer la marque du président américain en Roumanie, notamment à travers un projet de Trump Tower à Bucarest…

Pour mémoire, la procédure actuelle intervient dans un contexte financier dégradé. À la clôture de l’exercice 2024, l’enseigne aurait enregistré une perte nette de 47 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 162 millions. Lors de la précédente restructuration, engagée en 2020, en pleine crise sanitaire, le réseau avait été drastiquement réduit : 17 magasins sur 26 avaient alors fermé et près d’un millier de postes supprimés. À l’issue de ce premier redressement, neuf implantations jugées stratégiques avaient été conservées : Herblay-sur-Seine, Nancy, Limoges, Grenoble, Mérignac, Blagnac, Montpellier, Avignon et Aubagne.

Dans le prolongement de cette réorganisation, l’enseigne avait également engagé une évolution de son modèle, privilégiant des formats d’environ 3 000 m2, bien en deçà des surfaces historiques (dépassant parfois les 12 000 m2) et intégrant une vingtaine de magasins Zôdio transférés début 2024. L’objectif affiché était de consolider un positionnement moyen/haut de gamme centré sur la décoration et le mobilier « à la française ». Un nouveau modèle qui, selon plusieurs observateurs, n’aurait pas bénéficié du temps nécessaire pour produire ses effets. Le groupe avait d’ailleurs reconnu devant les juges commerciaux que la reconfiguration envisagée supposait un investissement supérieur à 100 millions d’euros.

Sur le terrain, l’inquiétude reste vive. À Aubagne, site emblématique et siège social, des salariés redoutent que l’absence d’offre globale ne conduise à des suppressions massives de postes. Selon les informations communiquées par des représentants du personnel à nos confrères de France 3 Régions, 148 emplois sur 249 pourraient être menacés sur ce seul site, dont 65 au magasin et 89 au siège. À l’échelle nationale, seuls 575 salariés pourraient potentiellement être repris si l’offre la plus étendue aboutissait. Les organisations syndicales réclament des mesures d’accompagnement renforcées dans le cadre du PSE, incluant des budgets dédiés à la formation, à la mobilité, à la création d’entreprise, aux départs anticipés en retraite et au versement d’indemnités supra-légales.

Plusieurs scénarios demeurent à l’étude, allant d’une reprise partielle par point de vente à une restructuration plus large du parc. Les candidats ont (selon France 3 Régions) jusqu’au 2 mars prochain pour déposer d’éventuelles offres améliorées. Les juges devraient ensuite se prononcer lors d’une audience programmée le 5 mars. Pour les salariés comme pour les partenaires commerciaux, cette échéance constitue un moment charnière : elle déterminera si l’enseigne peut trouver un nouveau souffle ou si une réduction supplémentaire de son périmètre devient inévitable.

            (Sources : Les Echos, France 3 Régions, Franceinfo.)

            (Photo : © Alinea.)

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